​Décidé à la Libération mais inauguré en 1960 par le général de Gaulle entre les deux bastions sud du fort, le Mémorial

de la France Combattante abrite dans sa crypte les corps de 16 morts pour la France.

​La clairière des Fusillés.

​Château de Forbin-Janson.

​C’est dans la chapelle désaffectée que beaucoup de condamnés à mort ont passé leurs dernières heures avant d’être exécutés dans ce qu’on appelle depuis la clairière des Fusillés.

​Un colombier militaire permettra pendant le siège de communiquer avec la capitale grâce à ses nombreux pigeons voyageurs.

​Préfiguration de son rôle en matière de transmissions, une seconde tour de télégraphe Chappe a été installée en 1840.

​Entrée principale et son corps de garde.

Fossés.

Bastions avancés.

​Des « pas de cavaliers » permettent à ceux-ci d’intervenir rapidement.

​Des talus permettant de s’abriter en cas d’attaque.

Casemates.

​Une voie ferrée permet aux artilleurs de déplacer leurs canons.

​Pour alimenter les canons, les magasins à poudre dont

l’un est semi-enterré.

​Les cimetières au sud-est.

​Autres restes épargnés par les militaires : le château de Forbin-Janson et sa chapelle au sud-ouest.

​Le bâtiment pris aux Pères de la Miséricorde en 1830 a été remodelé en pavillon des officiers.

​La longue salle d’armes entourées de nombreux baraquements, dépôts et magasins pour assurer le fonctionnement d’une garnison de près de 3400 hommes.

​Deux casernes à toit plat (pour alimenter en eau de pluie des citernes creusées en dessous).

​Le sommet est constitué par la vaste cour du plateau.

​En sous-sol a été conservée la crypte de l’église bâtie au XVIIe siècle.

​Inachevé, le pensionnat de la Légion d’honneur prévu par Napoléon est en partie occupé par une église en son centre, tandis que les deux ailes de chaque côté servent de logement aux Pères de la Miséricorde.

​Au nord, le premier télégraphe Chappe.

​À l’est, l’ancienne montée au calvaire est transformée

en cimetière.

​À l’ouest, la propriété de Forbin-Janson.

​Escaliers d’accès aux trois croix du Calvaire, dressées sur un rocher artificiel et surmontant une chapelle souterraine figurant le Saint-Sépulcre.

​L’ensemble n’est plus orienté vers Suresnes et Paris comme auparavant mais vers Saint-Cloud.

​Création d’une nouvelle montée au Calvaire avec

de nouvelles chapelles.

​Le pensionnat des orphelines de la Légion d'honneur

où vont s'installer à la Restauration les Pères de la Miséricorde.

​Des chapelles rappelant chacune un épisode de la Passion du Christ

​Des escaliers sur la pente descendant vers Suresnes.

​Les cellules des ermites. 

​Un verger.

​Les bâtiments abritant les prêtres de la Confrérie de

la Croix.

​Les 3 croix du calvaire « à l’image de celui de la Judée » qui vont assurer la popularité du lieu ainsi que le morceau de la vraie croix transféré dans l’église vers 1706.

​L'église consacrée en 1700.

​Les célèbres colombes du mont Valérien, symboles de paix, en ce lieu marqué par la guerre.

Après le coup d’État du 2 décembre 1851, 53 députés prisonniers avaient été envoyés au mont Valérien. Victor Hugo raconte que lorsqu’on leur demanda leurs noms (pour pouvoir mettre de côté les irréductibles), ils refusèrent de les donner et que l’un d’eux s’écria :

« Nous avons tous le même nom : Représentants du Peuple ».

Neuf décennies plus tard, un peu plus d’un millier de représentants du peuple résistant vont être exécutés ici par l’occupant nazi.

La longue série commence par un « Avis » de couleur jaune placardé dans les rues de Paris le 29 août 1941 : « 1. Le lieutenant de vaisseau Henri Louis Honoré Comte d’Estiennes d’Orves, Français, né le 5 juin 1901 à Verrières, 2. l’agent commercial Maurice Charles Émile Barlier, Français, né le 9 septembre 1905

à St-Dié, 3. le commerçant Jan Louis Guilleaume Doornik, Hollandais, né le 26 juin 1905 à Paris, ont été condamnés à mort

à cause d’espionnage. Ils ont été fusillés aujourd’hui. »

Les trois hommes avaient monté l’un des premiers réseaux de résistance en France.

Parmi les centaines qui suivront, le député communiste Gabriel Péri, fusillé le 15 décembre 1941 avec 91 autres otages, qui écrit juste avant : « Je vais préparer tout à l’heure des lendemains qui

chantent ».

Le professeur d’allemand Jacques Decour qui, après avoir noté

le 30 mai 1942, dans sa lettre d’adieu à ses parents : « Voyez-vous,

j’aurais très bien pu mourir à la guerre, ou bien même dans le bombardement de cette nuit. Aussi, je ne regrette pas d’avoir donné un sens à cette fin », finit par : « Il est 8 heures, il va être temps de partir. J’ai mangé, fumé, bu mon café, je ne vois plus d’affaires

à régler. » Le 27 juillet 1942, c’est le tour du philosophe Valentin Feldman, arrêté depuis février pour sabotage. Il a le temps de crier aux soldats allemands qui vont le fusiller :

« Imbéciles, c’est pour vous que je meurs ! »

​La Valérie, un canon de marine installé au mont Valérien en novembre 1870 et confisqué ensuite par les Prussiens.

En 1840, à la faveur d’une vive tension entre la France et les autres puissances européennes à propos de la guerre turco-égyptienne, Thiers fait voter son plan de fortification de Paris. Au delà de la nouvelle muraille, une ceinture de 16 forts a pour mission d’empêcher toute approche. Dégarni d’occupants depuis 1830, de bonne hauteur et propriété de l’État, le mont Valérien s’impose et dès 1841, les ingénieurs s’y affairent pour bâtir un pentagone irrégulier de 23 hectares qui doit seul assurer la défense avancée de la capitale à l’ouest entre Saint-Denis et Issy.

L’ouvrage connaît son épreuve du feu, et quel feu, lors de la guerre franco-allemande de 1870-71. De jour et de nuit, sous la direction du colérique et caustique général Noël, ses canons « arrosent » les troupes ennemies qui se gardent bien de l’attaquer. Un jour, le ministre Jules Favre vient de Paris visiter le fort. Il remarque une maison qui lui appartient vers Rueil et que les artilleurs avaient épargné jusque là eu égard à son fameux propriétaire. « Vingt francs pour chaque obus que vous mettrez là-dedans », dit Favre aux matelots desservant la pièce. En six coups, la maison du ministre est rasée.

Le 19 janvier, c’est le général Trochu, gouverneur de Paris, qui vient surveiller du mont Valérien le baroud d’honneur exigé par l’opinion publique : 80 000 hommes se jettent sur les lignes prussiennes de Buzenval à Montretout… pour rien. Le 29 janvier, c’est la capitulation. Dernier rassemblement dans la cour à 10 heures alors que les régiments allemands attendent au pied du fort. Des artilleurs veulent malgré tout courir aux pièces contre « cette canaille ». On les raisonne et on finit par sortir pour rejoindre la place de l’Étoile par le pont de Neuilly. Le 7 mars, le fort est rendu au gouvernement français, le 18 éclate l’insurrection communarde à Paris. À partir du 3 avril, le mont Valérien devient la pièce maîtresse des

« Versaillais » contre les offensives de la Commune à l’Ouest : Levallois, Ternes, Porte Maillot, Trocadero, La Muette, Passy, Auteuil… les canons du fort bombardent à tout va jusqu’à la rentrée de l’armée dans la capitale insurgée fin mai. Une guerre franco-allemande de perdue, une guerre civile de gagnée, le rôle guerrier du mont Valérien est terminé.

​Forbin-Janson restaure la majesté du site de pèlerinage et en fait le siège de la nouvelle congrégation des Pères de la Miséricorde.

« C’est pendant la semaine sainte et aux fêtes de la croix un concours étonnant de peuple et de bourgeois de Paris, qui y viennent admirer les chapelles et le grand crucifix où Jésus Christ est mis en croix entre le bon et le mauvais larron » raconte en 1783 à propos du « Calvaire ou Mont Valérien » Louis-Sébastien Mercier au chapitre 561 de son Tableau de Paris. « On y entend la messe,

et l’on redescend ensuite dîner gaiement dans les cabarets de Suresnes. » Et Mercier, jamais avare d’une anecdote, de raconter :

« Un confesseur ayant ordonné à son pénitent, pour l’expiation de ses fautes, de faire un pèlerinage au Calvaire avec des pois dans ses souliers, celui-ci, trouvant la tâche trop pénible, et voulant toutefois obéir, les fit cuire au premier bouchon, et continua ainsi son chemin. Ainsi le petit comme le grand sait composer avec la loi et sa conscience. Qui n’a pas fait cuire ses pois ! »

Mais la loi devient dure pour les catholiques dès 1789 : interdiction des ordres, nationalisation des biens du clergé. Le site, devenu propriété nationale, est vendu à un fougueux député de la Convention, célèbre pour son rôle de commissaire aux armées du Rhin, Merlin de Thionville. L’église est rasée, les croix abattues mais le révolutionnaire s’entend apparemment fort bien avec les ermites, restés sur place comme d’honnêtes citoyens cultivateurs auxquels il laisse leurs cellules. À partir de 1800, l’Église tente de remettre la main sur le site par l’intermédiaire de différents propriétaires mais Napoléon, inquiet des menées catholiques après l’arrestation du pape en 1809, fait tout raser en 1811 pour bâtir un pensionnat de la Légion d’honneur que la fin de l’Empire laisse inachevé.

C’est un prélat militant, Charles de Forbin-Janson, qui relance alors le pèlerinage et fait du mont le centre de son œuvre missionnaire. La haute société ultra (dont Chateaubriand) se presse à ses cérémonies et Louis XVIII puis Charles X protègent ses activités. Venu « faire ses stations » au début de son règne, le nouveau roi manque de se casser le cou. « En descendant un escalier à pic, le pied de Sa Majesté glissa... » Le monarque ne doit son salut qu’à la vivacité d’un capitaine des gardes qui, « faisant céder son respect à son dévouement, sauta par dessus le corps du roi, et l’empêcha de rouler au bas de la montagne. Ceci fut l’affaire d’un instant. » Cette mauvaise chute (le roi fut « assez grièvement » blessé au pied) ne porta chance ni au monarque ni au pèlerinage. Trop associés au régime déchu, les Pères de la Miséricorde sont chassés dès le lendemain de la Révolution de Juillet 1830, le pèlerinage et le Calvaire définitivement supprimés.

​Les ermites, très travailleurs, passent beaucoup de temps dans leurs potagers, vergers et vignes. Seule la culture des fleurs leur est interdite.

​Des ermites du mont Valérien, on sait par leur règle qu’il leur était interdit de « s’adonner aux études ni à la science » et « défendu

de parler pendant le travail », d’ailleurs « exclusivement manuel ».

Un mont peuplé de tels ermites est par nature peu bavard sur son histoire. Du mont Valérien, avant le XVIe siècle, on ne sait effectivement à peu près… rien. Ni comment il s’appelait, ni depuis quand ces silencieux et laborieux ermites s’y étaient installés.

Le premier ermite dont on sache un peu plus que le nom est paradoxalement « une » ermite : vers 1556, Guillemette Faussart, bien fâchée que son fiancé soit allé se faire tuer en Italie au siège de Sienne, s’installe sur le mont pour y vivre la vie des ermites du lieu. Pour reconstruire leur chapelle proche du sommet, elle se force à monter chaque nuit l’eau nécessaire aux maçons pour y travailler. Avec un tel régime, Guillemette meurt dès 1561 et c’est un autre original, Jean du Houssay, qui vient prendre sa place. Celui-ci dort dans un cercueil et reçoit la visite des rois Henri III et Henri IV auxquels il aurait prédit leur assassinat.

Les ermites sont rejoints en 1645 par une confrérie de prêtres créée par Hubert Charpentier, une sorte d’entrepreneur ecclésiastique qui venait de fonder des établissements en Gascogne. L’abbé Charpentier avait été impressionné par les 3 croix dressées près de la chapelle des ermites et il se persuade « qu’en élevant un calvaire à côté de cette superbe ville, il opposerait une barrière à l’impiété et au libertinage ». De 1633 à sa mort en 1650,

il manœuvre pour cette idée et réussit à l’imposer. Mais ensuite,

sa confrérie périclite et, au début des années 1660, l’un des prêtres

s’en va vendre l’affaire et même le site entier, ermites compris,

à des concurrents dominicains, les jacobins réformés de la rue Saint-Honoré... D’où une véritable bataille rangée en 1663, préfiguration du rôle militaire du mont Valérien, entre la troupe envoyée prendre possession des lieux par les jacobins et les occupants soutenus par

les chanoines de Notre-Dame de Paris et les habitants de Nanterre. Selon l’épopée de près de 2 000 vers relatant l’événement

(Le Calvaire profané ou le mont Valérien usurpé par les jacobins

de la rue Saint-Honoré), la troupe des assaillants aurait tué un prêtre de « deux coups dans la tête » et de deux coups aussi « un pauvre habitant de Nanterre », boulanger de son état. Chassés, les défenseurs firent appel au roi qui soumit l’affaire au Parlement.

Et les jacobins furent à leur tour expulsés en 1664.

​Il a toujours été là mais il semble n’avoir pris toute son importance dans le paysage qu’au XVIIe siècle, lorsqu’un vicaire a l’idée de faire du « Tertre » ou de la « Montagne des Trois Croix » un nouveau et gigantesque calvaire où la population parisienne puisse venir en pélerinage. Au XIXe siècle, le calvaire devient forteresse, canonne à tout va Prussiens puis Communards avant que l’occupation allemande en fasse le principal lieu d’exécution des résistants.

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